Liberté marionettistes !

Samedi 4 février 2016, deux marionettistes ont été arrêtés et accusés d’apologie du terrorisme, au cours d’un acte festif de carnaval, organisé par la mairie de Madrid. Les artistes représentaient exactement ce qui leur est arrivé. Dans leur pièce, un personnage (la sorcière) est victime du montage échaffaudé par un autre personnage (un flic) qui place dans les mains de la socière une pancarte proclamant “Gora Alka-Eta“. La sorcière est alors inconsciente, suite au matraquage du flic qui en profite donc pour lui faire endosser un délit de soutien au terrorisme. Un troisième personnage (un juge) décide alors de la condamner à mort, par pendaison. C’est pour cette pancarte de “Gora Alka-Eta” qu’un juge a écroué les marionettistes, sous inculpation d’apologie du terrorisme.
La différence entre le juge du conte qui condamne la sorcière et le juge réel qui condamne les marionettistes, c’est le matériau dont l’un et l’autre sont faits: le premier est en chiffon, le deuxième est un ancien flic franquiste, devenu juge de l’Audience Nationale (tribunal de grande instance avec des prégoratives élargies à tous les territoires de l’État).
Personne n’est surpris qu’un tel juge attaque la liberté d’expression et la créativité populaire. Pas surpris non plus qu’il aille jusqu’à décréter de la prison préventive inconditionnelle pour les deux marionettistes.
Mais la chose ne s’arrête pas là. Cela fait bien longtemps que nous souffrons cette répression sous de nombreuses formes: une loi scélérate (la  loi “bâillon”), des  camarades activistes arrêtéEs chez elles ou eux, la réforme du code pénal, des amendes, des assauts injustifiés contre des sièges de partis politiques et des centres sociaux, des entrées en prison pour avoir assister à une manif…
Il reste encore deux personnages supplémentaires dans cette histoire: les mass-media et la mairie de Madrid. La plupart des media s’est arrangé pour construire la version arrêtée par le juge, tout en sachant qu’il s’agit d’un mensonge pour attaquer la mairie de Madrid. Et quant à elle, la mairie de Madrid a décidé de porter plainte contre les marionettistes pour manquement au contrat, au lieu de défendre ces deux travailleurs.
Trop de polichinelles dans une histoire qui serait bien ridicule si deux camarades ne se retouvaient pas aujourd´hui en prison.

Compte tenu des faits, l’Assemblée Liberté Marionettistes exige:
1. La mise en liberté immédiate et sans suites des deux camarades de
Títeres desde Abajo (Pantins depuis en bas).
2. Le retrait de la plainte déposée par la mairie de Madrid.
3. La mise au clair des responsabilités au sein des instances de l’organe judiciaire qui a décrété la prison préventive inconditionnelle, pour un délit inexistant.

Nous continuerons à nous mobiliser tant que la liberté d’expression et de création ne sera pas respectée, tant que l’art du peuple sera persécuté et tant que nos camarades continueront en prison. Ils nous veulent seules, ils nous trouveront solidaires.

L’art du peuple n’est pas illégal.

Liberté pour les marionettistes.

Stop Répression.

Anuncios